Cette semaine, j’avais envie d’écrire un article un peu particulier; du moins, différent de ce dont j’ai l’habitude d’écrire.

Ce ne sera donc pas un résumé d’un livre, comme je vous y ai habitué dans cette section « développement personnel » de ce blog, mais un article pour partager une technique permettant d’améliorer sa productivité, que j’utilise quotidiennement depuis plusieurs mois maintenant.

Effet placebo ou pas, il s’est avéré qu’en utilisant cette astuce du 60-60-30, j’ai pu améliorer ma productivité, et plus généralement, je dirais même mon efficience (puisqu’on peut-être très productif à accomplir des tâches peu utiles comme passer plusieurs heures à réaliser un logo pour son site internet, plutôt que de créer du contenu par exemple).

Dans tous les cas, si cette technique m’a aidé, alors peut-être que cela fonctionnera aussi pour vous.

 

 

Pourquoi utiliser des « techniques » dans le but d’améliorer sa productivité ?

 

Il y a plusieurs mois (voire plus d’un an maintenant), je me suis retrouvé dans une situation qui me frustrait énormément : je voulais faire beaucoup de choses, mais j’avais l’impression de ne pas avoir assez de temps à consacrer à chacune des tâches que je m’étais fixé.

Bref, je n’avançais pas, et bien qu’à chaque fois, je pensais être gonflé à bloc, je me démotivais rapidement en voyant toutes ces semaines passées et le peu de résultat final obtenu.

J’ai constaté que lorsque je me lance dans des projets personnels, quels qu’ils soient, il y a plusieurs phases auxquelles je fais souvent face :

  • L’idée, le moment où je me dis que ça serait ultra chouette de faire telle ou telle chose
  • Le commencement, où je suis généralement super motivé, et globalement, je sais où je veux aller plus ou moins précisément
  • Le doute, je me demande finalement si l’idée était si bonne que ça, et je réalise que cela va prendre un certains temps
  • Et enfin, l’abandon, car je n’arrête pas d’avoir d’autres idées (que forcément je juge meilleures, plus pertinentes), et je me dis que, finalement, il vaudrait mieux utiliser mon temps libre plus intelligemment à développer ces autres idées plutôt que celle que j’avais eu précédement
  • Hop, retour au premier point…

 

Au final, je ne finissais donc que très rarement mes projets personnels, et je n’en étais que plus frustré. Frustré d’avoir passé autant de temps et de n’avoir aucun résultat concret. Frustré contre moi-même, pour ne pas être capable de me focaliser sur un seul projet à la fois. Et surtout frustré de ne pas arriver à rester concentré sur un seul projet à la fois, et/ou de ne pas avoir la motivation de le poursuivre jusqu’au bout.

Vous l’aurez compris, j’avais l’impression d’avoir tout simplement perdu mon temps (même si ce n’est pas totalement vrai, puisque j’apprends toujours quelque chose, quoi qu’il arrive). A force, cette frustration de ne jamais rien finir a tellement grandi, que j’ai fini par chercher s’il n’existait pas des techniques, des moyens pour « hacker » mon cerveau, et réussir à me motiver d’aller au bout de mes projets.

J’ai donc épluché plusieurs sites internet, plusieurs vidéos youtube (talks TED, interview d’experts en neurosciences…), et j’ai fini par trouver quelques astuces ! Encore une fois, sans essayer, on ne peut jamais savoir ce qui marche ! C’est donc après plusieurs semaines de « tests » intensifs, que j’ai enfin trouvé ma technique préférée (jusqu’à présent). Tout du moins, celle avec laquelle j’arrive à obtenir les meilleurs résultats. Mais aussi (et surtout, c’est le plus important) que j’aime utiliser : le 60-60-30.

 

 

Le principe

 

La technique du 60-60-30 est au final extrêmement simple, et est basée sur ce cycle :

  • 50 minutes de travail
  • 10 minutes de pause
  • 50 minutes de travail
  • 40 minutes de pause

Vous vous demandez peut-être, comme moi la première fois que j’ai lu un article à son sujet, d’où vient alors le nom « 60-60-30 » ? Effectivement, c’est peu intuitif… Cependant, on peut résumer cette technique à deux cycles de 50 min de travail + 10 min de pause (donc 60 minutes), suivis de 30 min de pause.

Le plus important, pour tirer complètement avantage du temps de travail – et c’est d’ailleurs un point crucial, quelque soit la technique utilisée, comme celle du « Pomodoro »… – est de couper court à toute distraction éventuelle durant les phases de 50 minutes. L’objectif est en fait de se plonger pleinement dans les tâches, en focalisant 100% de son attention. Exit donc tout ce qui est smartphone (sms, réseaux sociaux, appels…), et en général, tout ce qui pourrait vous déranger, comme les notifications de mails ou encore d’extensions chrome/firefox à tout va !

Personnellement, j’aime mettre mon smartphone en mode avion, et couper absolument tout ce qui pourrait éventuellement me perturber durant cette phase de travail. Je ne garde que l’essentiel sur mon bureau, à savoir mon PC, mes deux écrans, mon clavier, ma souris, et de quoi écrire.

 

« That’s been one of my mantras – focus and simplicity. »

– Steve Jobs

 

Effectivement, j’aime rester le plus minimaliste possible pendant ces phases de 50 minutes de travail. Si vous êtes comme moi, alors vous avez vous aussi tendance à garder au minimum 8 à 10 onglets constamment ouverts dans votre navigateur internet. Au final, cela ne sert pas à grand chose, il faut bien l’avouer… Durant mes phases de travail, je m’assure donc de n’avoir qu’un seul onglet au maximum d’ouvert à chaque fois. Cela me permet de me focaliser complètement sur le travail en cours, sans perdre de temps à être tenté de naviguer sur internet, et à me perdre dans mes recherches (cela arrive très rapidement, et sans que je m’en rende compte, lorsque je code par exemple, et que je cherche de la documentation).

Enfin, pour terminer, le dernier point très important de cette technique est d’utiliser un minuteur pour chronométrer les phases (on peut utiliser un simple minuteur de cuisine, ou une extension chrome/firefox telle que Timer par exemple). A la fin des 50 minutes de travail, dès qu’on entend le minuteur, il est très important de couper court à ce qu’on est en train de faire, et de prendre tout de suite 10 minutes de pause. Même si on est au milieu d’une tâche qu’on souhaite absolument finir avant de prendre ce break !

 

Les explications scientifiques du 60-60-30

 

Derrière cette technique de productivité, se cache quelques explications démontrées par plusieurs études scientifiques, ou par des tests « de terrain » (dans ce dernier cas, bien entendu, un effet placebo peut entrer en jeu, mais tant que le résultat est là…).

L’idée principale du 60-60-30, et en règle générale, de n’importe quelle méthode permettant d’améliorer sa productivité, est de tout mettre en place pour maximiser nos phases d’attention, de concentration intense. Plusieurs études scientifiques menées dans différents pays convergent toutes vers un même constat : le temps moyen de concentration des individus tend à diminuer. Les résultats sont assez « alarmant » d’ailleurs, puisque selon les résultats obtenus, nous ne serions capable, en moyenne, de rester pleinement concentré sur une unique tâche précise sur une durée maximale de 20 minutes. La faute, en partie, à l’essor des nouvelles technologies, tel que le smartphone, internet… Nous sommes de plus en plus sujets aux stimuli externes. Des stimuli qui brisent totalement notre concentration.

Une étude de l’Université d’Austin, au Texas, en juin 2017, a d’ailleurs prouvé qu’il suffit que son smartphone soit dans la même pièce pour que nos capacités cognitives soient réduites. Portant sur plus de 800 personnes, cette étude était représentée sous forme d’une série de tests sur ordinateur, demandant une concentration optimale pour obtenir le meilleur score possible. Ces tests étaient conçus pour mesurer la capacité cognitive disponible des participants, c’est à dire, la capacité du cerveau à traiter des informations à tout moment. Avant de commencer l’épreuve, chaque participant, devait de manière aléatoire placer son smartphone soit face en bas sur le bureau, dans leur poche ou leur sac, ou encore, dans une autre pièce. Quoi qu’il arrive, ils devaient également tous configurer leur smartphone en mode silencieux. Au final, les chercheurs ont constaté que les participants dont le téléphone se trouvait dans une autre pièce surpassaient considérablement ceux qui avaient leur téléphone sur le bureau sur cette série de tests; et étaient également légèrement plus performant que les participants qui avaient gardé leur téléphone dans leur poche ou leur sac.

 

« Nous constatons une tendance linéaire qui suggère que, à mesure que le smartphone devient de plus en plus visible, la capacité cognitive disponible des participants diminue. Votre esprit conscient ne pense pas à votre smartphone, mais ce processus consistant à se forcer à « ne pas penser à quelque chose », utilise en fait certaines de vos ressources cognitives limitées. »

 

Cela n’explique toujours pas les cycles de 50 minutes, suivis de 10 minutes de pause de cette méthode du 60-60-30 cela dit… 50 minutes, c’est pourtant un nombre important ! C’est en effet la durée moyenne maximale pendant laquelle nous sommes capable de rester concentré sur une tâche précise. D’ailleurs, une étude interne récente de la société Draugiem Group le prouve : les employés les plus productifs travaillent en suivant des cycles d’une moyenne de 52 minutes de travail, suivis de pauses d’environ 17 minutes.

Pour une grande majorité de personne, la durée moyenne de concentration n’excède pas 20 minutes. Cependant, en se forçant et en focalisant toute notre attention, nous pouvons globalement tous rester concentré pleinement sur une et une seule tâche durant un peu moins d’une heure (selon plusieurs études, cette durée tendrait d’ailleurs à augmenter avec l’âge). Passé ce délais, conserver cet état de concentration intense devient de plus en plus difficile. Finalement, à partir de cet instant, tout le temps en plus consacré à la tâche en cours est quasiment inutile, puisqu’on avance plus, nous ne sommes plus pleinement concentrés.
De plus, perdre cet état de concentration signifie obligatoirement devoir utiliser de l’énergie pour se focaliser à nouveau sur la tâche en cours. Or selon plusieurs études, incluant les recherches de Gloria Mark, professeur à l’université d’Irvine, en Californie, le temps nécessaire pour retourner à un état de concentration maximal (également appelé flow) peut prendre jusqu’à 25 minutes !

Bref, le but des cycles de 50 minutes est donc de limiter autant que possible les éventuelles interruptions extérieures, afin de rester le plus longtemps possible focalisé sur l’unique tâche en cours Au delà des 50 minutes, puisque le risque de perdre cet état de concentration maximal devient vraiment important, il est alors temps de prendre une pause. Dans le cas contraire, on s’expose à perdre plusieurs précieuses minutes, à tenter de focaliser de nouveau toute notre attention sur le travail en cours.

Petite astuce personnelle : j’ai constaté que je perdais moins de temps à me concentrer de nouveau sur la tâche que j’ai laissé en suspens, une fois la pause terminée, lorsque durant cette dernière, je me lève, et que j’ai fais totalement autre chose. Par exemple, si je programme sur mon PC, assis à mon bureau pendant 50 minutes, ma pause consiste à me lever, aller faire ma vaisselle et/ou manger un fruit par exemple…

 

 

Tout est une question d’aptitude à se concentrer

 

Cette technique du 60-60-30 ne permet finalement que « d’initialiser » un environnement, fixant des règles strictes. Une fois ces règles définies, on a plus qu’à les suivre, sans y penser, pour se concentrer pleinement sur ce qui est vraiment important : les tâches à réaliser.

Le nerf de la guerre ne vient donc pas des techniques utilisées (le 60-60-30 n’en est qu’une parmi beaucoup d’autre…). Ce ne sont que des outils. L’essentiel réside dans notre capacité à rester concentré sur une tâche précise durant le plus de temps possible, sans interruptions. Pas de multitasking, mais bien un focus maximal sur UNE et UNE seule tâche à la fois. L’être humain est dans tous les cas très mauvais en multi-tâches. D’ailleurs, une étude réalisée par l’université de Standford, en 2009, suggérait que les personnes adeptes du multi-tâches, accomplissaient beaucoup moins de travail sur une période donnée que celles qui se concentraient sur une et unique tâche à la fois.

Une des meilleurs preuves pour illustrer ce point, que vous avez peut-être tous déjà vécu, survient quand un de vos proches est dans une conversation téléphonique par exemple. S’il est vraiment totalement à l’écouter de l’autre personne, et donc pleinement concentré sur la conversation, alors vous pouvez lui tendre absolument n’importe quel objet (vraiment n’importe quoi). Il va alors s’en emparer automatiquement, sans s’en rendre compte. Il est tellement concentré sur la conversation, qu’il n’a plus conscience du reste qui l’entour. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est strictement interdit de téléphoner au volant…

Finalement, bien que la durée moyenne maximale de pleine concentration des individus tende à diminuer de plus en plus – notamment à cause de l’essor technologique, permettant de constamment rester connecté et donc, de s’exposer à de nombreux stimuli – il faut garder en tête que la concentration est comme un muscle. C’est donc une bonne nouvelle puisque cela signifie qu’en s’entraînant, on peut augmenter notre faculté à rester focalisé plus longtemps sur une tâche donnée.

 

 

Conclusion

 

La méthode du 60-60-30 n’est qu’une technique parmi beaucoup d’autres, et elle ne sera peut-être pas adaptée pour vous. Vous lui préférerez peut-être celle du « Pomodoro ». Le plus important, c’est de trouver quelque chose qui vous convient le mieux, et que vous aimez utilisez surtout !

Comme cette technique m’a beaucoup aidé personnellement, je pense que vous devriez au moins l’essayer, si vous aussi, vous voulez améliorer votre productivité, et plus que ça même, votre efficience ! Mais gardez en tête que, quoi qu’il arrive, le nerf de la guerre ne réside pas dans l’utilisation d’une technique particulière. Ce ne sont que des outils qu’on utilise pour fixer un environnement avec des règles précises, qu’on a ensuite plus qu’à suivre à la lettre, bêtement, afin d’utiliser toute nos capacités cognitives disponibles sur l’essentiel.

Le plus important réside dans la capacité de chacun à rester concentré le plus longtemps possible, sans interruptions sur une et une seule tâche précise à la fois.

 

Merci beaucoup d’avoir pris la peine (et le temps) de lire cet article jusqu’au bout. Gardez en tête que je ne suis absolument pas un expert en neuro-science, ni, en règle générale, un gourou du fonctionnement du cerveau ou de la productivité. Je voulais simplement partager une astuce qui a fonctionné avec moi. Alors, si ça peut aider certains d’entre vous…
Dans tous les cas, si vous aussi, de votre côté, connaissez d’autres « techniques » de ce genre, je suis curieux de les découvrir. N’hésitez donc pas à m’en faire part via les commentaires ci-dessous.

Victor Gallet

Victor Gallet

Étudiant programmeur jeu vidéo. J'aime par dessus tout apprendre, et je suis un éternel curieux de tout. Mon principal but dans la vie est d’être une meilleure personne, et de partager mes (faibles) connaissances avec les autres.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.